César – Rétrospective

Auteur DU César, le trophée du cinéma. Le maître farfelu des Compressions. Voilà en tout et pour tout ma connaissance du bonhomme.

Quel terrain de découverte insoupçonné ! Dès le départ, les matières « pauvres » sont à l’honneur. Des plaques de métal sans intérêt, des boulons, des vis, tout un fatras de tôles et de tuyaux. Et un fer à souder. Qui tisse le tout, le fusionne, le mélange, joue des formes et des textures. Le ton est donné, César goûte les matériaux. Leurs propriétés.

Une chauve-souris et un hibou étendent des ailes rouillés : dentelle de scories assemblées pour l’une, plaque à l’armature secrète et cachée pour l’autre.

La sculpture joue avec le regard. De prime abord lisse, lorsque le regard la contourne les plaques de métal finissent par s’arrêter en une mâchoire irrégulière, comme inachevée, révélant le derrière, la coulisse, l’entrelas de fils rigides, une forêt de traits métalliques soutenant le tout par un complexe miracle.

Et viennent les Compressions. Les fameuses. La splendeur des automobiles contractées. Mêmes couleurs, nouvelles formes. Compressions de tout, de fil de cuivre, de cagettes, de plastique. Avec des pressions différentes, des dispositions différentes. Là encore, ne reste plus que la matière qui accroche l’œil en dépit de l’esprit.

Et les Expansions, l’antithèse même. Ce qui était solide, contraint, contracté, réduit, laisse la place à cette mousse de plastique qui s’étend partout, qui gonfle, qui envahit d’autres objets. Comme une moisissure industrielle et grotesque. Et une deuxième étapes, où les expansions sont recouvertes d’un vernis protecteur et se pare de reflets nacrés et hypnotisants.

Enfin les Enveloppages. Des objets du quotidien enroulés dans une épaisse feuille de plexiglas. Le solide prend l’apparence du drapée, comme s’il était mou alors qu’il n’en est rien. Le vieux téléphone à cadran devient une relique du passé, dans une papillote surréelle.

Là on y tient plus, chaque œuvre joue étrangement avec notre rétine, la titille, lui plaît. Les creux et les bosses, les contours déchirés, les couleurs fortes, les reflets miroitants, les ombres, la matière à vif. On sort de l’exposition en ayant combattu sans arrêt cet envie de toucher ces matières qui ainsi révélées, en dehors de toute représentation, mettent les sens en ébullition, toujours retenu par un cordon, une vitrine ou le regard sévère d’un des surveillants du musée.

Mon esprit y venait sans attente et mon œil est chamboulé.

La rétrospective César est actuellement en exposition au Centre Pompidou jusqu’au 26 mars 2018.

 

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